Collections
Cette collection a pour objectif de mettre à la disposition de la communauté scientifique et des professionnels de l'archéologie et du patrimoine, les archives numérisées dans le cadre du programme PIR "Les archives architecturales et archéologiques du Sud-Ouest", programme ArchiSudo (2020-2022) porté par le bureau de l'IRAA à Pau. Ce programme a bénéficié d’une approche interdisciplinaire et d’une dimension régionale, celle du Grand Sud-Ouest, pour la conservation, l’archivage, la numérisation et la valorisation de la documentation architecturale et archéologique produite depuis les années 1960 par les chercheurs et conservée par le bureau de Pau. Plus d'une cinquantaine de sites archéologiques sont concernés dont Lalonquette, Saint-Sever, Sorde-l’Abbaye, le site des Bouchauds, la villa gallo-romaine de Séviac...
Ce projet a permis de numériser en priorité les documents graphiques, plans et relevés de grands formats (du A2 au A0) soit 2299 documents. Les corpus les plus importants feront l'objet d'une sous-collection particulière. La mise en ligne débute en septembre 2025 avec la mise en ligne des archives du site gallo-romain de Séviac.
Le Grand Sud-Ouest français est une entité géographique, sociologique et économique couverte par les régions administratives Nouvelle-Aquitaine et Occitanie, issues de la fusion au 1er janvier 2016 de cinq régions précédentes ; ces deux régions ont ensemble une superficie de 156 000 km2 soit 29 % du territoire de la France métropolitaine. Le Grand Sud-Ouest forme un isthme européen entre océan Atlantique et mer Méditerranée, surtout au pied des Pyrénées, entre le golfe de Gascogne et le golfe du Lion. Il a été appelé "isthme gaulois", en référence à la période gallo-romaine (1), où il a été une voie de communication majeure : Via Aquitania entre Narbonne et Toulouse, puis Bordeaux par voie terrestre ou navigable par la Garonne.
(1) Vincent Adoumié et al., Les régions françaises, 2013, p. 268.
Les archives des études des piles funéraires gallo-romaines du Sud-Ouest de la Gaule conservées par le bureau de Pau de l'IRAA offre l'opportunité de créer une collection dédiée à ces vestiges. Dans un premier temps, elle présente 114 documents grands format numérisés dans le cadre du programme ArchiSudo entre 2020 et 2022. Les documents conservés dans des boîtes à archives et les photographies seront mises en ligne dans un second temps.
En 2016, un volume entièrement consacré à ces études est paru sous la direction de Pascale Clauss-Balty dans la collection ARCHAIA des presses de l'Université de Pau et des Pays de l'Adour1. Elle reprend une grande partie de ces documents dont certains (mais assez peu finalement) ont été publiés par ailleurs dans des revues et des actes de colloques tout au long de la seconde moitié du XXè siècle.
Dans l'avant-propos2 de cette publication, Michel Vaginay alors conservateur régional de l'archéologie de la région Midi-Pyrénées, note trois époques dans l'étude de ces vestiges archéologiques. Le projet de relevé architectural des piles funéraires gallo-romaines est lancé en 1964 sous l'impulsion de Jean Lauffray (1909-2000), directeur du Bureau d'Architecture Antique de Pau de 1963 à 1967.
Entre 1964 et 1968, les opérations se déroulent sous sa direction puis celle de Georges Coustère, qui prend la direction du bureau entre 1968 et 1974. Les collaborateurs de l'IRAA sont alors Jean Schreyeck, Raymond Monturet, A. Jankovic et Cl. Onteniente. D'autres architectes et archéologues fouilleront dans la même période certaines des piles dont celle de Mirande dans le Gers. Mais c'est à partir de 1992 que le projet est relancé par le Service régional d'archéologie (SRA) de la région Midi-Pyrénées dans le but d'approfondir la connaissance de ces monuments et d'en assurer la protection. Avec la collaboration de Raymond Monturet, le bureau de Pau de l'IRAA continue à être associé au projet jusqu'à la publication la plus récente.
Les documents ont été numérisés sous la direction de Laurent Callegarin et Véronique Picard qui a recontextualisé et renseigné ce lot d'archives.
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De fondation celtique, Glanon (en grec ancien Γλανόν) subit une grande influence grecque. Elle est vouée au dieu guérisseur gaulois, Glanis, avant d'être Glanum, cité antique de l'Empire romain, située sur le territoire la commune de Saint-Rémy-de-Provence dans les Bouches-du-Rhône. Elle a connu son apogée à l'époque du premier empereur romain Auguste. Son développement s'est appuyé sur la protection des reliefs des Alpilles, la présence d'une source (sacrée) et le voisinage de la voie Domitienne.
La ville repose sur plusieurs strates d'occupation, que l'on peut regrouper en trois grandes périodes : période gauloise, période d'influence hellénistique, et enfin période romaine. Glanum est une ville sanctuaire au carrefour de deux voies antiques reliant l'Italie à l'Espagne, l'une par les Alpes. La cité s'étend à l'entrée d'un défilé rocheux qui mène au mont Gaussier. À l’entrée du site, de l'autre côté de la route départementale, se trouve le cénotaphe des Julii (dit à tort mausolée) et l'arc de triomphe de Glanum, voisin de quelques mètres, monuments qu'on appelle traditionnellement les « Antiques de Saint-Rémy-de-Provence ». Leur situation au flanc des Alpilles et leur état de conservation leur ont assuré une célébrité bien antérieure à la redécouverte tardive de la ville de Glanum.
Les archives des études de la basilique et du forum conservées par l'IRAA à Aix-en-Provence contiennent l'ensemble des documents graphiques (plans et coupes) produits dans les années 1980 par Pierre Varène et Jacques Bigot. Elles comprennent aussi des archives de publication et des photographies. Plus d'une soixantaine de photographies datant de 1951 à 1978 montrent les vestiges de la basilique ou "monument à piliers" (monument XXI) ainsi que les vestiges du forum ou "cour à portiques" (monument XXII). Certains de ces documents ont été publiés dans l'article de Pierre Gros et Pierre Varène en 1984. DoRAA offre un lien direct (cf. ci-dessous) à cet article publié dans la revue Gallia et disponible en ligne sur la plateforme Persée.
Les plaques d'impression métalliques des plans réalisés pour cette publication sont aussi conservées à Aix-en-Provence. Certaines ont fait l'objet d'une valorisation dans le cadre de la Mission de sauvegarde du patrimoine scientifique contemporain - PatStec ainsi que d'un article dans le carnet DonArch - Données et archives de l'architecture antique. Les planches photographiques publiées (fig. 4, p.27 ; fig. 6, p. 34 ; fig. 10, p. 39 et fig. 11, p. 42) dans l'article sont aussi issues de plaques d'impression dont l'état est dégradé c'est pourquoi elles ne sont pas mises en ligne sur DoRAA. Les photographies ont néanmoins été numérisées à partir des négatifs et sont disponibles sur DoRAA.
Cette collection a pour objectif de rassembler l'ensemble des archives concernant les bâtiments et les structures consacrés à la maîtrise et aux usages des eaux, des thermes et fontaines aux canalisations et caniveaux. Elle réunit aussi les documents concernant le nymphée tout en mettant en lumière l'aspect sacré de la source de Glanum.
Les thermes de Glanum ont été construits dans la seconde moitié du 1er siècle avant J.-C., au nord du nouveau forum, par-dessus un quartier d’habitations antérieur. Le site a été fouillé au XXe siècle notamment par Henri Rolland. Seule une rue sur laquelle se trouvent les thermes a été dégagée. La maison dite d'Épona qui se trouve au nord communique avec l'ensemble thermal par une cour couverte. Cet espace semblerait être une cour de service où serait entreposé le combustible nécessaire au système de chauffage (les praefurnia) de certaines pièces du complexe thermal. Les thermes sont orientés nord-sud. Ils mesurent dans leur plus grande longueur nord-sud 43 mètres pour 28 mètres de largeur, délimitant un espace de 1000 m² environ. Le couloir d'accès entre la maison et les thermes débouche sur le caldarium.
On entre dans le complexe thermal par le milieu de sa façade ouest donnant sur la rue. Le perron débouche sur la palestre qui est bordée sur trois de ses côtés par un portique. Cette palestre mesure environ 20 mètres vers l'est pour une largeur de 10 mètres. Au sud de la palestre se trouve la piscine. Dans l'angle nord-est de la palestre se trouve l'entrée des thermes à proprement parler. On pénètre dans le frigidarium (qui sert peut-être également, comme dans les Thermes romains de Gaujac (département du Gard) de vestiaire (apodyterium). Puis suivent ensuite vers l'ouest le tepidarium et le caldarium reconnaissables à leur hypocauste. Le caldarium communique ainsi avec la maison Épona. Pour que le descriptif soit complet, il faut mentionner l'existence d'un unctorium dans l'angle sud-ouest entre la piscine et la rue. Cette pièce est le lieu ou l'on s'adonne aux soins du corps, onctions d'huile (à rapprocher d'un destrictarium).
Une étude de Jacques Bigot a montré que cet établissement correspondait au modèle des thermes de Stabies à Pompéi, par son plan (avec la palestre placée entre la piscine et le bloc des salles thermales), mais aussi par ses dimensions. Jacques Bigot y voit le signe de la diffusion en Gaule sous Auguste des modèles romains d’aménagement de l’espace public mis au point en Italie.
Les archives des thermes sont composées de plans, photographies, fiches photographiques dont l'inventaire est en cours. Les documents seront mis en ligne au fil de l'eau.
Le nymphée. A l'origine, c'est un bassin de plan trapézoïdal taillé dans la roche. Il est aménagé au IIe siècle avant J.-C et devient un édifice couvert surmonté d’un étage. Il subsiste un arc de pierre de taille (partiellement reconstruit) qui supportait la couverture et maintenait les parois. Une galerie de captage drainait les eaux du bassin-versant pour les conduire dans ce réservoir profond où les rites et dévotions étaient accomplis par les fidèles.
Les archives des études sur le nymphée comptent environ 130 documents : plans, dessins et photographies issus des travaux des chercheurs de l'IRAA. Ces dernières sont datées en majorité de 1979 (sauf indication contraire).
Cette collection offre un accès à 89 plaques de verre consacrées à l'Arc de triomphe d'Orange. Elles sont datées de 1953 et conservées dans les locaux de l'IRAA à Aix-en-Provence.
Les photographies sur plaques de verre apparaissent dès 1850. Ce sont des images, négatives ou positives, recouvertes d’une émulsion sensible à la lumière. La couche sensible est constituée de sels d’argent mélangés à une substance qui adhère au support en verre. Cette substance, ou liant, est différente selon l’époque : on utilise chronologiquement l’albumine (1847), le collodion (1851) puis la gélatine (1878) et on parle alors de plaque de verre au gélatino-bromure d’argent. Les plaques peuvent être conservées pendant de longues périodes avant d’être utilisées. Les temps de pose, considérablement raccourcis, pouvaient aller d'une à deux minutes, ce qui explique les flous parfois constatés sur les photos (les enfants, les animaux...). Cette évolution technologique qui avait permis la diffusion des plaques de verre en grand nombre (production industrielle) et à un large public était encore en usage jusque dans les années 1950.
L'Arc d'Orange est un monument étudié depuis le XVIIIème siècle mais c'est en 1824 qu'un programme de restauration est confié à Auguste Caristie avec la collaboration de l'architecte du département, P. Regnaux. Les restaurations vont se succéder de 1828 à 1955. La dernière phase de restauration se déroule entre 1950 et 1955, dirigés par J. Formigé et M. Chauvel, Inspecteurs généraux honoraires des Monuments historiques avec M. Valentin, architecte des Monuments historiques du Vaucluse et R. Amy, architecte des Bâtiments de France alors en mission à Orange où il restera dix ans. C'est de cette époque que datent les plaques de verre conservées par l'IRAA dans son bureau d'Aix-en-Provence apportées par Robert Amy lorsqu'il prend la direction du Bureau d'Architecture Antique du CNRS.
Deux volumes (texte et planches) sont entièrement consacrés à ce monument dans la collection des Suppléments à la revue Gallia : L'Arc d'Orange, XVè supplément sous la direction de R. Amy, P.-M. Duval, J. Formigé (†), J.-J. Hatt, A. Piganiol, Ch. Picard et G.-Ch. Picard publié en 1962.
Le monument est décrit au chapitre II (p.17) : "L'Arc d'Orange présente trois passages voûtés, un grand au centre flanqué de deux autres plus petits [...]. Les voûtes sont reçues par quatre piles continues, celles du centre étant deux fois plus épaisses que les deux extrêmes. L'ensemble du monument forme un plan rectangle de 19,57m et de 8,40m de large. On a ainsi deux grandes façades orientées au Nord et au Sud, où s'ouvrent les passages et deux autres plus petites, orientées à l'Est et à l'Ouest. La façade ouest, restaurée en 1828, n'a plus d'antique que ses premières assises. Les façades sont ornées d'un ordre architectural corinthien avec des colonnes cannelées et à demi-engagées, reposant sur des socles qui sont continus aux petites façades et isolés aux grandes. [...]"
Certaines des photographies de cette collection ont été publiées dans cet ouvrage, les renvois aux numéros de pages et aux planches seront indiqués dans les fiches des documents.
Le théâtre antique d'Orange, construit sous le règne d'Auguste au Ier siècle av. J.-C. par les vétérans de la IIe légion de Jules César, est un des théâtres romains les mieux conservés au monde. Il dispose encore d'un impressionnant mur extérieur avec l'élévation d'origine (104 m de long pour 35 m de haut). « C'est la plus belle muraille de mon royaume », dit Louis XIV lors d'une visite.
À l'origine, le théâtre était précédé d'un portique, dont il subsiste une arche du côté ouest. D'un aspect très sobre, en grand appareil de pierre, la façade est divisée en trois niveaux. Au rez-de-chaussée, trois portes rectangulaires — la « porte royale » au centre, les deux « portes des hôtes » sur les côtés — sont séparées par une série d'arcades. La cavea pouvait contenir quelque 9 000 spectateurs répartis selon leur rang social. Elle se divise en trois zones (mæniana), étagées en 34 gradins et séparées par des murs. En contrebas, l'orchestra formant un demi-cercle est séparée des gradins par un parapet. La scène, faite d'un plancher de bois sous lequel était logée la machinerie, mesure 61 m de longueur pour 9 m de profondeur utile : elle dominait l'orchestra d'environ 1,10 m, soutenue par un mur bas, le pulpitum. Le théâtre d'Orange est inscrit sur la liste du patrimoine mondial de l'Humanité instaurée par l'UNESCO depuis 1981.
Pour la nomenclature et le vocabulaire du théâtre romain, voir le site Internet Theatra et la page dédiée ici : https://theatra.mom.fr/nomenclature/nomenclature-latin
Une série de 180 documents issus en majorité des travaux de Robert Amy (1904-1986) ont été numérisés par la société COPEIA dans le cadre du financement PNV 2024 obtenu par l'IRAA et sont mis en ligne au fur et à mesure depuis le printemps 2025.














